L'espoir imbécile, l'attente et l'égoïsme
« Plus nos sociétés apparaîtront sans repères aux foules, et plus l’aspiration à une remise en ordre régressive se fera sentir. Quelqu’un comme Nicolas Sarkozy l’a parfaitement compris. Toute son entreprise s’appuie sur la complémentarité entre la défense sans complexe du désordre libéral et la promotion agressive d’un ordre religieux et sécuritaire » (Éric Dupin « Une société de chien » 2006)
Alors, amis de gauche, on ne s’intéresse pas à la politique ? Et ce faisant, on croit laisser « le champs libre à l’oiseau » ? Et bien oui, on lui a laissé le champ libre, à l’oiseau de mauvais augure, et il se nomme Nicolas Sarkozy.
Pourquoi la gauche est-elle si décevante et incapable de réagir quand survient l’oiseau (peu rare) populiste et ultra-libéral ? Parce que les gens de gauche sont aux abonnés absents, et que les idées de la gauche ne viennent pas du ciel ou de quelques intellectuels qui réfléchiraient pour eux. Bien sûr, il y a la faute aux années Mitterrand, la faute à la gauche caviar, la faute au racisme…
Trêve d’indignation, nous sommes tous responsables de l’avènement de Sarkozy 1er. Le capitalisme est en chacun de nous, et « son hégémonie repose sur des fondations bien trop profondes pour qu’on puisse la réduire à un affrontement entre salauds et gentils »
En réalité, nous prétendons être contre le Capitalisme, mais nous sommes de vrais petits capitalistes du quotidien, dans notre façon de consommer, de gérer notre argent et nos relations, « une somme d’individus autonomes, rationnels et égoïstes »
Inutile de s’en prendre aux grands médias, car nous savons qui en sont les propriétaires. Inutile aussi d’en vouloir aux politiques, qui ne sont guères plus que le reflet de leurs bases.
Alors qu’une majorité a choisi un « sauveur » pour faire à sa place, rabaissant en un jour la France à un quelconque pays capitaliste doté d’un ministère de l’identité nationale, d’autres auront peut être enfin compris qu’il n’y a plus rien à espérer, que nous allons changer le monde malgré tout, avec nos petites mains, autour de nous.