16 - In/On the bus (Sumatra)
En Indonésie, le concept de service public n'a pas encore été inventé. Quand on prends un minibus, on s'en rend vite compte.
Pour commencer, il faut connaitre le prix à l'avance, ne payer qu'à la fin, et avoir l'appoint. Parce que rendre la monnaie, pour un chauffeur indonésien, c'et manifestement douloureux.
Une fois dans le bus, vous attendez qu'il se remplisse, et comme il ne risque pas de partir avant, vous finissez par interpeller vous même les gens dans la rue : "Bukit, Bukit" (pour Bukit Lawang). La notion de remplissage est très extensible. En fait, tant que vous pouvez remuer un orteil ou le petit doigt, c'est que le bus est à moitié vide. Et il ne faudrait pas oublier le toit, si par malheur il y en a un...
Medan - Bukit Lawang, c'est 65 kilomètres, soit 3 h 30 de trajet à 18 km/h. Mais comment réaliser un tel exploit ?
Tout d'abord, vous faites une bande de béton exactement sur la faille de San Andréa, puis vous attendez le prochain séisme. Vous obtenez la route. Ensuite vous prenez un minibus pourri, voire indonésien, et vous lui coller un chauffeur musulman (parce qu'Inch'Allah quoiqu'il arrive) avec pour seule mission d'être toujours plein comme un oeuf (au niveau du remplissage de son bus).
J'ai douté plus que d'habitude, cette fois-là.
Pour commencer, il faut connaitre le prix à l'avance, ne payer qu'à la fin, et avoir l'appoint. Parce que rendre la monnaie, pour un chauffeur indonésien, c'et manifestement douloureux.
Une fois dans le bus, vous attendez qu'il se remplisse, et comme il ne risque pas de partir avant, vous finissez par interpeller vous même les gens dans la rue : "Bukit, Bukit" (pour Bukit Lawang). La notion de remplissage est très extensible. En fait, tant que vous pouvez remuer un orteil ou le petit doigt, c'est que le bus est à moitié vide. Et il ne faudrait pas oublier le toit, si par malheur il y en a un...

Bon, ca y est, vous êtes 17 sans le chauffeur, plus 5 sur le toit avec les bagages, vous vous sentez comme un poisson hors de l'eau, il est temps d'attaquer la route (qui se défend bien, vous allez voir).
Medan - Bukit Lawang, c'est 65 kilomètres, soit 3 h 30 de trajet à 18 km/h. Mais comment réaliser un tel exploit ?
Tout d'abord, vous faites une bande de béton exactement sur la faille de San Andréa, puis vous attendez le prochain séisme. Vous obtenez la route. Ensuite vous prenez un minibus pourri, voire indonésien, et vous lui coller un chauffeur musulman (parce qu'Inch'Allah quoiqu'il arrive) avec pour seule mission d'être toujours plein comme un oeuf (au niveau du remplissage de son bus).
Et voilà, le tour est joué !

L'arrivée est toujours un petit miracle car vous en doutez chaque fois.
La dernière fois que j'ai fait la route, nous avons eu la pluie...
Sur le toit, ils l'ont eu tout de suite. A l'intérieur, c'était 15 minutes plus tard. Pour ma part, il pleuvait notamment entre mes jambes, sur le siège. J'ai passé deux bonnes heures avec les mains ouvertes en forme d'aqueduc pour conduire le filet d'eau vers l'extérieur de la banquette. Y'avait un mioche qui vomissait partout, et puis on slalomait entre les éclairs et les falaises, tout en croisant des carcasses identiques à la nôtre avec une bonne visibilité jusqu'à 70 centimètres...
La dernière fois que j'ai fait la route, nous avons eu la pluie...
Sur le toit, ils l'ont eu tout de suite. A l'intérieur, c'était 15 minutes plus tard. Pour ma part, il pleuvait notamment entre mes jambes, sur le siège. J'ai passé deux bonnes heures avec les mains ouvertes en forme d'aqueduc pour conduire le filet d'eau vers l'extérieur de la banquette. Y'avait un mioche qui vomissait partout, et puis on slalomait entre les éclairs et les falaises, tout en croisant des carcasses identiques à la nôtre avec une bonne visibilité jusqu'à 70 centimètres...
J'ai douté plus que d'habitude, cette fois-là.
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