Tourisme en couple mixte

Publié le par L'idrealiste

"Contolé" (Expression indonésienne signifiant qu’on en a une grosse…)

Examinons un couple mixte en Indonésie. Déambulant nonchalamment main dans la main, ils semblent proches. Pourtant, tout les oppose.

Elle est marron, il est blanc-rose. Il gagne 40 fois plus de fric et elle 40 fois moins. Elle se torche le derrière avec la main gauche et de l’eau, et lui avec la main droite recouverte de papier toilette. Il mange du riz quand il veut accompagner du poisson, elle mange du riz…quand elle mange. Elle est naturelle et un peu brute de décoffrage, il est orthonormé avec un manche de balai…

En fait, jouons-la plus direct. Il y a plusieurs cas de figures.

Ce blanc-rose est :
- un grand père qui vient se taper des jeunettes pendant sa retraite tout en ayant raconté à sa famille qu’il étudiait les papillons ;

- un type qui vient se taper des jeunettes faciles pendant ses vacances ;
- un touriste ou un routard qui a rencontré l’amour et qui n’a pas encore compris les lois Sarkozy.

Quand à cette marronne, c’est :

- une Kupu Kupu (prostituée ou papillon, en indonésien) ;
- une fille qui s’envoie des touristes blanc-rose parce que ça a des avantages ;

- une fille qui veut une vie meilleure et qui donc cherche éventuellement un mari blanc-rose et puis après, si il est beau, jeune et sympa, c’est Byzance.

Et puis il y a un dernier cas de figure : ma copine et moi, une pure histoire d’amour échappée des boues humaines, portée par une énergie que seul le tsunami de 2004 peut égaler, dictée seulement par les lois de l'amour fou, et patati et patata.

Nous sommes parti à Lake Toba, le plus grand lac volcanique du monde avec une île dedans qui est plus grande que Singapour et patati et patata. Le coin est occupé par les Batak, un peuple chrétien protestant et l’ethnie la plus éclatante d’Indonésie. Et il faut reconnaître qu’on s’éclate plus avec eux qu’avec les musulmans.

Cette zone touristique est, comme le reste de Sumatra, désertée ces dernières années, tout ça à cause d’une vague de 25 mètres et de quelques touristes qui se sont trop éclatés un soir dans une boite de nuit de Bali.

L’endroit est donc calme, la vie y est bon marché, le lac est pittoresque, et dans le menu de chaque restaurant on trouve les ‘‘champignons magiques’’, qui ne soignent pas les rhumatismes.

Mon amie et moi-même, donc, vadrouillâmes comme des âmes en joie, quelques jours dans ce décor.

J’ai peut être oublier de préciser que les indonésiens sont curieux au-delà de toute discrétion. Ce qui signifie que dans chaque situation où nous nous trouvons immobilisés plus de quelques secondes, Asnah et moi, face à un habitant du coin, nous devons répondre à quelques questions… Comment vous appelez vous, d’où venez vous et ou allez vous, de quelle ethnie est la demoiselle, ou est-elle née, et le monsieur il vient d’où, quel âge on a, est-on mariés, si non, pourquoi, si oui, comment et où ?

Il n’y a donc guère qu’enfermés dans une chambre ou sur une moto bike que nous puissions être tranquille. Ainsi, l’on trouve beaucoup de couple en moto bike (mais encore faut-il dire Hello quelques 7000 fois par jour), et encore plus qui restent enfermés dans leur chambre.
Bref, L’Indonésie est un pays curieux et très chaud et ça tient notamment au soleil.

Par une belle après midi, Asnah et moi décidâmes de nous dégourdir les jambes dans les rues de Tuk-Tuk.

Nous passions, indifférents, devant un groupe de Tuk-Tucrois, quand l’un d’eux s’adressa à Asnah en ces termes : « Contolé, hein ! » Asnah fit les sourdes oreilles, mais pas moi : je connaissais l’expression et son sens. Je revins en arrière, puis regardai notre locuteur Tuk-Tucru exactement à l’endroit de ses yeux, tout en enlevant lentement mes lunettes (j’avais vu faire ça une fois par mon père juste avant qu’il cogne un type qui lui avait manqué de respect, et j’avais trouvé que ça en jetait)

« Baffe ? » lui demandais-je. Le mot exact était ‘‘Maaf’’, signifiant ‘‘pardon ?’’, mais la colère m’avait rendu dyslexique. Le gars me comprit néanmoins 6 sur 6.

« Non non, je parle de la montagne derrière, ‘‘Gandollé’’ » Le gars essayait de m’embrouiller comme quoi j’avais mal compris ce qu’il disait, mais je la jouait plus con que lui et, faisant mine de regarder vers la montagne, je lui répondis que je n’y voyais pas de grosse bite…

Puis je me dit qu’après tout, la jalousie c’est pardonnable, qu’en plus il ne disait pas faux vu que j’en ai une plutôt grosse, et qu’enfin il étaient bien huit et moi bien seul… Je lâchais donc l’affaire et rejoignit ma belle, digne et vivant.

Le soir, j’eu un délire, une sorte de tourista psychologique, et je fis à Asnah non pas une scène mais un acte entier, comme quoi si nous laissions parler ces gens là sans rien dire, après ils finiraient pas nous tirer dessus au lance roquette, que si réellement elle ne s’intéressait qu’à ma ‘‘contolé’’ ou qu’à ma bourse, il fallait qu’elle me le dise tout de suite, et puis que d’abord… Finalement elle me lança un tel regard que je me mis à chercher un trou dans le plancher pour y passer la nuit.

Donc la morale, c’est que le tourisme en couple mixte dans les steppes du cru (l’Indonésie, la Creuse, …) c’est pas de tout repos.

Et le prochain article sur le sujet s'intitulera : Les "1 128 travaux d'Hercule", ou "Comment faire venir sa copine à la maison quand la maison est un club privé (la france)".

https://dai.ly/x1w4yz https://dai.ly/x1w4yz Vidéo artisanale "Mix couple", sur la chanson L'amour c'est du pipeau de Brigitte Fontaine :

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Publié dans VOYAGE

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J
Et bien mon gars, tout n'est pas simple a ce que je voismais si je me souviens bien, tu n'a jamais vraiment aimé les choses simples...bon courage
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C
Ouuuaaah! bon courage!
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