T'as fumé des joints
Ta soeur approche des gars louches dans les HLM
Ton frère fouille les poubelles au fond des ruelles
Ton père vend des fringues volées à des clochards obèses
Ta mère lit des dictionnaires en maison psychiatrique
Mais toi, toi, tu ne fais rien
T'as eu la faculté, t'as bac plus deux cent vingt
Dans les soirées Trouduc c'est vrai qu'tu présentes bien
Mais t'as jamais rien fait qu'fumer des joints
Ton chien se bouffe la queue en tournant sur lui même
Ton poisson rouge fait des bulles, et tourne idem
Ton chat médite à fond en kiffant tes chaussettes
Tes morpions jouent à la bourse, les cons, en doublette
Mais toi, toi, tu ne fais rien
T'as tout qu'est bien et puis tu n'as jamais eu faim
T'as des potes à la pelle qui t'appellent sans fin
Mais t'as pas trop d'envie quand t'as fumé des joints
Ton immeuble s'effondre lentement mais bien
Ton PC applique ses programmes comme un bon chien
Ton portable s'allume, chante, vibre et s'éteint
Ton porte-monnaie se remplit puis se vide soudain
Mais toi, toi, tu ne fais rien
T'as tout c'qu'il faut pour t'éclater jusqu'à la fin
Chez toi c'est c'est la caverne d'Ali Baba sans les voleurs
Mais t'es plus capable de grand-chose quand t'as fumé des joints
Ton gouvernement joue aux dés avec tes lendemains
Ton banquier achète des coffres pour entasser sans fin
Ton voisin prépare des bouteilles de gaz et puis des clous
Ton facteur ouvre certaines lettres pour voir si y’a des sous
Mais toi, toi, tu ne fais rien
T'as la conscience ouverte à trois cent dix degrés au moins
T'as des yeux qui voient le monde et sa couche de purin
Mais t'as plus d'idéaux quand t'as fumé des joints.
Tes cactus sont piquants et fleurissent un matin
Ta guitare résonne puis une corde pète à la fin
Ton réveil s'affole tous les jours à huit heures vingt
Ton lit gémis quand ta meuf a convaincu le voisin
Mais toi, toi, vraiment, tu fais rien