12b - Tioman cool

Publié le par eric marquez

(du 18 au 25 février 2006)

J'arrive a Tioman par un petit ferry qui tangue atrocement. Ça prend une heure et demi a partir de Mercing. Je passe 2 jours au nord de l'ile, a Salang. Le coin est recommandé par les guides et bien entendu c'est le plus touristique.

Cherchant le calme, je descends donc sur Tekek, plus bas sur la côte Est, une plage de plus de trois kilomètres de long entrecoupée de rochers.






















Au Nord de cette plage, il y a les bungalows pour backpackers, ou je m'installe, pour 10 a 40 Ringgit la nuit (1 euro = 4,5 Ringgit). Au milieu, il y a le village malais avec ses maisons colorées et faites de bric et de broc. Au Sud, il y a un petit aéroport (trois arrivées par jour tout de même), puis un complexe touristique avec golfe, restaurants, plages somptueuses, un véritable labyrinthe de bungalows en bois mais très cleans, et le tout ne comporte qu'une seule entrée surveillée par un vigile...Je me demande comment on peut aller se fourrer la dedans ! Cette zone sud est la seule avec une vraie route, et les 2 minibus de l'ile ont pour unique fonction d'amener les touristes de l'aéroport a leur palace clos.


Pour le reste, une bande de béton de 1m 30 permets aux mobylettes de circuler.


L'ile de Tioman mesure 38 km sur 19 de large. Elle est habitée tout le long de ses cotes, la ou sont les plages, et l'on passe de l'une à l'autre exclusivement par bateau. L'intérieur, c'est montagnes et jungle, culminant a 900 mètres.


Nous sommes en février, les masses touristiques sont prévus a partir de mars, fin officielle de la mousson. La mousson en février, c'est 1 a 5 averses brutales, soudaines et brèves, par jour. C'est un vrai spectacle, et toujours annoncé de la même façon : dix minutes avant, un vent violent se lève...

Sur cette île, comme sur toutes les îles de la côte Est malaisienne, on vient principalement pratiquer la plongée et le snorkeling (masque, tuba et palmes), et puis bien sûr se la couler douce en admirant la mer de Chine.


Décrire la vie sur l'ile brièvement ?

Ce serait d'abord les malais occupés de trois façons : les pécheurs, que l'on voit peu puisqu'ils se lèvent tôt et sont en mer (!) ; ceux qui tiennent un restaurant ou un "resort" (les bungalows), ou les deux (a cette période, l'activité est réduite mais s'annonce alors ils repeignent, réparent, tondent, et regardent la télé !) ; ceux qui attendent les ferrys pour proposer le transport des bagages, pour tenter de rabattre le touriste vers tel resort, ou pour récupérer l'approvisionnement quotidien de l'ile.





















Ce serait ensuite les varans, ces gros lézards de plus d'un mètre de long, que l'on trouve partout, jusque dans les poubelles. Ils sont gracieux seulement quand ils ondulent dans l'eau. Dans une arrière cour, j'ai vu des peaux en train de sécher sur des étendoirs...je me demande si c'est bien légal vu que l'ile est réserve naturelle. On dit que les varans mangent les chatons. Ça ne m'étonnerait pas car j'en ai déjà vu un essayant de surprendre des petits singes (avec qui je discutais).












 

Ce serait encore les chats, nombreux ici comme dans un peu toute la Malaisie, et toujours affames. Dans les restos, ils viennent prés des tables a 3 ou 4 et poussent des miaulements déchirants, imitation parfaite du nourrisson humain ayant les crocs !

Ce serait aussi les coupures de courant - au moins une par jour - qui sont des moment épiques sur l'ile. Par ailleurs, quand on veut passer d'une plage a l'autre par la jungle, un seul mot d'ordre :"follow the electric lines"

Ce serait enfin la jungle. Occupant 90 % du sol, ramifiée peut être en un seul point originel tant toutes les racines, troncs et lianes semblent s'entremêler. Partir dans la jungle, c'est quelque chose ! On a peur, c'est viscéral. Il y a plein de bruits, de cris, de sifflements, et des nuages compactes de moustiques au milieu du vert. Il n'y a aucune chance d'atteindre un point d'où l'on aurait une vue panoramique. Tout est occupé.

 




















 

Il y a là dedans, pour ce que j'ai pu en voir, des singes, des petits écureuils, des sortes de putois (en tout cas ça gueulait comme des putois !), des araignées, mille espèces de fourmis, des termites, des serpents jaunes.

Au passage, la forêt malaisienne dite pluviale a échappé à toutes les glaciations et donc elle a 150 000 000 d'années... alors, respect !

Ne m'étant pas encore décidé a passer mon niveau de plongée, j'ai fait du snorkeling. Les fonds sont riches de poissons barioles et aujourd'hui, pour la première fois de ma vie, j'ai vue une tortue géante !! Bon, elle faisait que 80 cm de long, c'était une petite géante, mais j'étais excite comme un gamin. Je lui ai tourne autour (j'ai failli me noyer), j'ai fait la course avec elle (j'ai gagne), ... C'est marrant, elle s'en foutait de moi comme de sa première immersion. J'ai voulu lui filer mon adresse email, mais on n'avait pas de stylo.

Ce soir, j'ai bu tout seul une bouteille de vin français au resto. Je suis bien éméché. Je pars demain et je pense que je vais faire une autre île, parce que j'ai bien aimé !

J'ai passe une semaine de solitude (j'ai ignoré superbement la majorité de touristes anglophones et les quelques français), une semaine de plaisirs (les singes, la guitare, la tortue, la bouteille de vin français), et une semaine de mélancolie (je pense sans cesse à une certaine femme, l'amour et l'échec de ma vie).

Publié dans VOYAGE

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